Le parti libéral du Québec s'assemble

Mis à jour : 6 juil. 2018


Le premier ministre Philippe Couillard

Samedi, 2 juin, c'était le dernier conseil général du Parti libéral du Québec avant les élections en octobre. Pour $100, on a droit à un buffet, le privilège d'acheter une bière au Cocktail du Président, pour $7.75 et la chance de faire des rencontres intéressantes... si on est membre du PLQ (un autre $5). Voici le récit de mes rencontres.



François Blais, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale: Nous nous croisons si régulièrement dans ce genre d'événement que c'est lui qui vient me saluer, dès qu'il m'aperçoit. Quelques années encore et il se souviendra de mon nom.


Je lui ai dit d'emblée que je n'étais pas très fier (plutôt en colère même) de ce qu'il a fait du revenu de base dans son projet de loi 173.

— Ce n'est pas du tout un revenu de base authentique, M. Blais.

— C'est une première étape, Monsieur... Madden, lit-il sur ma cocarde.

— Vous consacrez la distinction entre les pauvres méritants que vous plafonnez au seuil de pauvreté et les pauvres non méritants que vous écrasez à la moitié de ce niveau.

— Nous ne faisons pas du tout cette distinction. Au contraire, il s'agit bien d'un revenu de base, ou pour être plus précis, une allocation universelle catégorielle. De plus elle est individuelle, sans égard de la composition du ménage, une première au Canada.

— Pas vrai! Vous maintenez la notion de vie maritale.

— Je devrais le savoir, M. Madden, c'est mon projet de loi! Et j'ai dû me battre fort au Conseil des ministres, pour gagner ce point.

— J'ai bel et bien vu les calculs de la réduction des prestations pour les couples dans les intentions ministérielles qui accompagnent le projet de loi 173. Si je me trompe, c'est avec plaisir que je ferai amende honorable puisque la reconnaissance de l'universalité serait une victoire de niveau mondial. Pouvez-vous demander à Pier-Luc [son adjoint] de m'envoyer la référence?


[Mise à jour 5 juillet: Vérification faite, les informations que je publiais dans mon billet original sur le projet de loi 173 sont exactes. Le "revenu de base" n'est pas individuel, selon des sources dans le cabinet même du ministre.]


Gilles Gagnon, président de l'association libérale de Charlebourg:

— Et c'est qui ton député, je lui demande?

— François Blais.

— Oh! Ce n'est pas un politicien très charismatique, même en personne, n'est-ce pas?

— C'est un professeur. Il est à l'aise devant une classe, en train d'expliquer.

— En effet, il est plus chaleureux en public qu'en privé.



Carlos J. Laetão, ministre des Finances:

— M. le ministre, est-ce que vous donnez du fil à retordre à votre collègue François Blais dans son projet de Revenu de base?


Ce qu'il m'a répondu n'a pas d'importance puisque ma question était assez stupide. Je ne voulais pas, à cause d'un manque de question intelligente à poser, louper ma chance de lui parler.


Quand nos regards se sont croisés, plutôt que de seulement avoir l'air fou, j'ai ajouté des paroles à ma musique.







Gaétan Barette, ministre de la Santé:

Pas moyen de croiser le regard du beau Gaétan, comme il s'est fait appeler constamment dans le running gag de la journée. Il est toujours en train de parler à quelqu'un. Je m'approche de la conversation (juste un peu trop proche) et je bois les paroles du ministre. Dès qu'il m'inclut dans l'échange, je suis prêt à bondir.


Au moins, j'avais une vraie question pour le beau Gaétan. Qu'est-ce qu'il pensait de la pauvreté comme déterminant majeur de la santé? Le docteur Gary Bloch, en Ontario, défend une position radicale en médecine. Quand ses patients sont pauvres, il prescrit de l'argent comme remède, en signant des certificats de contrainte sévère à l'emploi.


Je crois que le Dr Barrette n'a pas compris que je lui posais une question d'éthique et de politique en tant que médecin. Ses confrères en général sont plutôt frileux bien que leur Corporation appuie cette mesure de santé publique.



Philippe Couillard, premier ministre, chef du PLQ et député de Roberval:

— N'êtes-vous pas un peu déçu, M. Couillard, que le beau rêve du Revenu de base d'il y a deux ans n'ait pas réalisé son plein potentiel?

— ll permettra tout de même de sortir 100,000 personnes de la pauvreté.

— Pas tout le monde.

— Donner un Revenu de base à tout le monde coûterait beaucoup trop cher.

— Et si je vous démontre que c'est faux?

— Alors on s'assoira ensemble, pour regarder les chiffres!

Avec ça, je viens de me rembourser le prix de mon admission...



Dominique Anglade, vice-première ministre., ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la stratégie numérique:

Dans une de ses allocations durant la journée, elle cite un proverbe créole: "lajan ki dòmi nan pòch pa fè ti." C'est-à-dire que l'argent qui dort ne fait pas de petits. J'ai tout de suite pensé au Fonds des générations. Je lui ai donc demandé si elle ne trouvait pas une certaine incohérence dans cette politique de non-investissement. "Je parlais des investisseurs privés, me répond-elle." Je n'ai pas pu la relancer avant qu'on vienne la traîner à une autre séance de photos et de selfies.


Impossible, samedi, de ne pas tomber à tout bout de champ sur un ministre, un député ou un futur candidat aux élections d'octobre.


Jean Rousselle, député de Vimont, m'a entretenu longuement de ses expériences avec les conditions de vie en Haïti. Au lunch, mes compagnons de table étaient David Birnbaum, député de D’Arcy-McGee et la présidente de son association de comté. J'ai pu rencontré Germain Chevarie, député des Îles-de-la-Madeleine (où il est né) et le mettre au courant du plan du Dr Yv Bonnier Viger de lancer un projet pilote sur le revenu de base dans la grande région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. C'est un projet d'envergure, sur dix ans, qui toucherait 290,000 personnes et mettrait l'accent sur les retombées d'un revenu de base en santé publique, en impact démographique et en services sociaux, deux enjeux majeurs pour le Québec et le Canada du XXIe siècle.



Enfin, je vous donne la primeur sur celle qui sera la vedette du PLQ dans les prochaines années: Marwah Zygqy. Cette jeune avocate et fiscaliste a renversé l'auditoire par la force de son message et la passion avec laquelle elle l'a livré. Elle devrait remporter son siège facilement dans Saint-Laurent.




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